Compte-rendu du débat: Culture Meet-up #17 - Le public, partenaire créatif de la communication culturelle

16 septembre 2016

Intervenants :

 - Olivier Blin, directeur du Théâtre de Poche

- Magalie Thiaude, assistante aux expositions du Art & marges musée

Modérateur :

Jérôme Ramacker, consultant en communication culturelle.

 

Alors qu’une affiche et quelques brochures suffisaient avant à remplir les salles, il faut désormais interagir avec un public dont les pratiques évoluent parfois plus vite que les campagnes promotionnelles. « Lui faire vivre une expérience de communication » est devenu le leitmotiv des marketeurs.

Est-ce encore possible de fidéliser son public ? D’en séduire de nouveaux ? Quelle(s) cible(s) choisir ? Et comment les toucher ?

Pour tout projet qu’il soit culturel ou non, 3 questions demeurent :

  • Faut-il donner pour revoir ?

La communication se fait de plus en plus dans un seul sens : je « gave » mes publics d’informations en espérant avoir en retour l’achat d’un ticket de spectacle ou la vente d’un livre. Ainsi, elle s’effectue de l’émetteur au récepteur en jet continu sur tous les supports et pour tous les projets.

  • Un ou des publics ?

Une salle de spectacle, un chanteur, une clown, … ont-il un public : masse hétéroclite et unique ou des publics à distinguer selon quels critères ? âge, provenance, pouvoir d’achat, à quel créneau d’âge le spectacle/projet est destiné ou quel public est-il plus susceptible de venir…

  • Peu d’argent, comment être imaginatif ?

Avec peu de moyens financiers, les porteurs de projets culturels n’ont pas les moyens de leurs ambitions, c’est là qu’il convient d’être actif et imaginatif.

 

Pour Art & Marges musée, le public est interrogé via un questionnaire en ligne ou durant une exposition comme outil de médiation culturelle.

Le Théâtre de Poche, quant à lui, propose une campagne vin & fromages. Le Poche vient chez vous et amène le fromage et en échange l’hôte fait venir 15 copains. Le but clairement affiché : gagner des abonnés en expliquant la saison culturelle du Poche.

 

Le musée Arts & Marges et le Théâtre de Poche ont tous les deux en commun :

  • Une philosophie générale de participation des publics inclus dans l’ADN du lieu culturel. Faire participer le public que cela soit en amont ou pendant le projet est une décision collective, prise par l’ensemble de l’équipe d’une structure culturelle et fait partie intégrante des valeurs et du sens que ces derniers veulent amener à leur projet artistique. L’ensemble de l’équipe doit aller dans le même sens et être convaincu de l’utilité de telles pratiques.
  • Pas de place pour le one shot : construction lente entre public et structure culturelle. La participation active d’un public dans la communication culturelle est un travail de longue haleine. Faire ce projet une seule fois pour ne plus ensuite jamais le retenter à nouveau est vide de sens. La construction sera très lente entre le public et la structure culturelle et pour qu’elle soit efficace, durable et sincère doit se renouveler dans la durée.
  • Le/la chargé(e) de communication n’est qu’un rouage dans le processus. Pour proposer toujours de nouvelles idées et s’inventer de nouveaux modèles, le/la chargé(e) de communication n’est qu’un simple rouage et devra s’entourer de tous ses collègues : chargé de production, directeur artistique, directeur, médiation culturelle, … qui auront, eux-aussi la charge de trouver des idées participatives.

Et pourquoi pas confier une partie de la communication directement aux artistes. C’est ce qu’a fait Olivier Blin, directeur du Théâtre de Poche. Il encourage très fortement les artistes et compagnies venant au Poche de créer eux-mêmes leurs vidéos de teaser pour présenter leur spectacle, de répétitions ou de sketchs. En effet, avant sa prise de fonction, c’était une société de production de vidéos qui les tournaient et les montaient pour le Théâtre de Poche. Résultat tous les théâtres de Bruxelles avaient les mêmes vidéos. Olivier Blin a arrêté la collaboration avec cette société de vidéos pour confier leurs réalisations directement aux artistes venant au Poche.

  • Le public est un outil participatif, actif et positif. Il est vu comme un partenaire, un outil, un allié, un complice. Son avis a de l’importance et est pris en compte.
  • Surprendre, innover, inventer. Pour que cette relation soit efficace et durable, la structure culturelle devra renouveler ce lien, proposer des nouvelles formes d’interactions, échanger sur d’autres sujets, faire participer autrement.

Pauline Duclaud-Lacoste - Conceptrice des Culture Meet-up

Infos pratiques

Horaires d'ouverture : 

Vendredi 02/09/16 : 10h00 - 22h00

Samedi 03/09/16 : 09h00 - 20h00

Lieu : 

BOZAR

Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles

Parking : 

Parking Albertine-Square

Accessibilité :

Arrêt "Gare Centrale" via les bus 29, 38, 63, 65, 66 et 71, les métros 1 et 5 et les trains.